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Intervention de Chantal Dhoukar, sur les sports mécaniques
La diminution des réserves de pétrole est un fait admis aujourd’hui par tous et leur épuisement à moyen terme est prévisible.
Le monde arabe – principal producteur de cet or noir – secoue aujourd’hui le joug imposé depuis des décennies par des dictateurs au service d’un monde occidental soucieux de préserver son approvisionnement en carburant.
A titre d’exemple : chute de la production libyenne à 200 000 ou 300 000 barils/jour contre 1,7 millions/jour avant le mouvement de révolte actuel.
Plus grave serait la chute de la production algérienne actuellement de 2,1 millions de barils par jour ; or, cela fait deux mois que nous assistons à des grèves, des occupations de lieux et des tentatives de marches de protestation en Algérie.
Conséquences : le prix du baril atteint aujourd’hui 120 $ et pourrait encore grimper.
Les prix de l'essence à la pompe battent des records historiques alors que le pétrole est encore loin de ses sommets de 2008. La semaine dernière, le litre de super sans plomb 95 a franchi la barre de 1,50 euro en moyenne, une première en France.
Devant une menace de pénurie – fût-elle à moyen terme – et devant le renchérissement d’un produit de base, nous posons la question : quelle est l’attitude responsable à adopter ? Une seule : économiser la ressource et engager les mutations indispensables.
Notre économie dépend de la ressource pétrole à tous les niveaux. Les avertissements nombreux et sérieux adressés à l’État par tous les responsables politiques et économiques – au premier rang desquels les écologistes – ne sont toujours pas entendus à leur juste mesure. Notre indépendance énergétique est-elle assurée dans le domaine de l’industrie, dans celui des transports et du chauffage domestique ? Nous en sommes très loin.
Dans ces conditions est-il raisonnable de gaspiller des centaines de litres de carburant pour le seul plaisir d’une course de motos ou d’une course automobile –fût-elle regardée par 20 000 spectateurs au mépris de leur santé et de la protection de l’atmosphère ? Est-il acceptable que les impôts des Bourguignons servent à subventionner ces manifestations destructrices de leur santé et de leur environnement ? Nous continuons à répondre par la négative.
On nous dira que les circuits existent et qu’il faut bien en faire quelque chose. Disons plutôt qu’ils relèvent d’une autre époque, celle du pétrole peu cher et de l’insouciance environnementale. Notre conception de l’action politique est plutôt de prévoir les changements, ou au moins de les accompagner plutôt que de maintenir coûte que coûte des pratiques dont nous savons tous - intimement - que le contexte actuel et l’avenir les condamnent. Nous avons des comptes à rendre à nos concitoyens et aux générations futures de la gestion de nos ressources.
Quant à l’impact économique de manifestations hors sol se déroulant sur une ou deux journées donnant lieu à une consommation intense, ne devrait-on pas lui préférer un développement d’activités territorialement intégrées dans un projet de développement durable ?
C’est pourquoi nous voterons contre les 75 000 € que vous nous proposez d’accorder aux sports mécaniques, 75 000 € destinés à partir en fumée qui pourraient s’investir dans des pratiques sportives épanouissantes et non destructrices ou dans la réalisation d’un plateau sportif pour un des lycées bourguignons qui en ont tant besoin.
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