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Session plénière du 17 octobre 2011

POUR UNE TRANSITION ENERGETIQUE ET UNE SORTIE DU NUCLEAIRE

Il n’y avait pas que les Primaires socialistes, et France-Galles à l’ordre du jour de ce week-end, il y avait aussi de nombreuses manifestations partout en France pour la sortie du nucléaire.

Cela a été peu relayé par les médias, mais cela a été un succès et réuni beaucoup de monde  (plus de 25 000 personnes)  partout en France : à Rennes, à Strasbourg, à Avignon, à Bordeaux ou au Bugey,  pour rester plus proche d’ici.

L’accident de Fukushima, survenu il y a un peu plus de six mois, est venu détruire nombre de certitudes qui entouraient encore le nucléaire, à commencer par celui de la sécurité. Après Fukushima, nul ne peut plus ignorer le risque qu’un accident majeur puisse survenir dans un pays, même démocratique, et en pointe sur le plan technologique.

Sur une grande partie de leur territoire, les Japonais vivent dans un profond désarroi qu’il est de mise de taire. Ce qui s’est passé est une catastrophe sanitaire dont les conséquences ne pourront se constater que dans quelques temps. C’est une catastrophe écologique pour la faune et la flore. Mais c’est aussi une catastrophe sociale et économique pour les pêcheurs, pour les agriculteurs, tout comme pour l’industrie. Dépassés par l’ampleur du phénomène les japonais restent cois.

Les adversaires de la sortie du nucléaire nous disent que sortir couteraient 750 Milliards d’Euros. Nous leur répondons combien coûte Fukushima ?  100 fois plus, 1000 fois plus, sans compter ce qu’on ne sait pas compter, les atteintes irréversibles à la faune et à la flore terrestre et marine.    

La gravité de cet accident, l’ampleur des répercussions pour l’environnement, la population et l’économie ont conduit de nombreux pays à revoir leurs politiques énergétiques et la place du nucléaire dans celles-ci.

En quelques mois, plusieurs gouvernements ont su faire des choix politiques clairs et courageux en engageant leurs pays sur la voie de la sortie du nucléaire. C’est notamment le cas de l’Allemagne, qui a annoncé en mai dernier la fermeture au plus tard en 2022 de ses derniers réacteurs. La Suisse a pris une décision analogue, en fixant 2034 comme horizon. D’autres Etats européens, comme le Danemark, l’Autriche, l’Irlande ou encore la Norvège n’avaient pas attendu la catastrophe pour inscrire dans la loi l’interdiction de recourir au nucléaire. L’Italie  a décidé de sortir du nucléaire pas referendum au mois de Juin.

Cette prise de conscience existe aussi en France. On l’a bien vu dans les manifestations de ce weekend. Une majorité de Français se déclare aujourd’hui hostile à cette source d’énergie. Conscients que l’énergie nucléaire entraine des risques non maitrisables pour la population et qu’aucune solution technologique viable n’existe pour les déchets nucléaires, ils souhaitent un arrêt progressif ou rapide du programme nucléaire français. Malgré cela, le gouvernement persiste dans une vision dogmatique de l’avenir énergétique de la France, et continue à vouloir accroitre les capacités de production. Cette politique ne constitue en rien une solution d’avenir.

Le maintien du nucléaire fait peser un coût important sur les finances publiques de notre pays, si l’on inclut l’impérative mise à niveau de sécurité des installations, les surcoûts en croissance exponentielle des futures centrales nucléaires dont celles du programme EPR, la gestion des déchets, le démantèlement… sans compter les problèmes de sécurité rencontrés en Finlande ou de fissure dans le béton de l’EPR de Flamanville comme le rapporte l’autorité de sûreté du nucléaire.

Nous devons revoir en profondeur notre modèle énergétique et cette question sera une question à laquelle tous les candidats à l’élection Présidentielle devront répondre.

Des scénarios de sortie progressive du nucléaire existent comme nous la encore démontré récemment et méthodiquement l’association Negawatt. Ces scénarios montrent qu'une société dite « développée » peut subvenir à ses besoins en énergie en diminuant considérablement l'utilisation d'énergies fossiles et nucléaire si elle s’attèle à travailler à la sobriété énergétique à l’efficacité énergétique  et au développement des énergies renouvelables.

Cette question n’est pas tant une question idéologique comme on voudrait le faire croire, qu’une question de bon sens.

De bon sens écologique, bien sûr. Nous devons penser à l’avenir de notre planète, nous élus plus que d’autres d’ailleurs, nous devons penser à nos enfants. Cette idée a fait son chemin ces dernières années.

Mais aussi de bons sens économique. Et je reviens en Bourgogne quand je dis cela. C’est parce que les filières d’énergie renouvelable créent plus d’activité et d’emplois que celle du nucléaire que nous devons nous y engager. (à titre d’exemple, 370 000 emplois industriels ont été créés en Allemagne grâce à ces filières) Et nous constatons d’ailleurs nous-mêmes, ici en Bourgogne, avec le pôle éolien qui attire des entreprises, crée de l’activité économique et que EELV  soutient vigoureusement et sera présente à vos côtés, Monsieur le Président,  au colloque national de l’éolien dont nous nous félicitons qu’il ait pu être organisé à Dijon.

Nous sommes convaincus et souhaitons vous convaincre que la sortie du nucléaire et La transition énergétique représentent un réel investissement pour notre pays, pour la Bourgogne  et pour  les générations futures.

Cette révolution énergétique se fera à l’échelle d’une génération et  suppose d’être adossée à une véritable politique de maitrise des consommations et d’efficacité énergétiques. Elle ira évidemment de pair avec la montée en puissance des énergies renouvelables qui constituent un levier essentiel pour le développement des territoires.

Philippe Hervieu