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Budget 2011 : Intervention de politique générale

Intervention de Philippe Hervieu, président du groupe EELV lors l'ouverture de la session plénière des 24 - 25 janvier 2011

Le débat que nous allons avons avoir pendant ces deux jours est important. Au delà du budget primitif de l’année 2011, nous allons aussi décider des grandes orientations politiques de cette mandature.
Les résultats des élections ont permis de légitimer le projet majeur de notre exécutif autour de la conversion écologique et sociale de la région, c'est-à-dire vers un nouveau modèle de développement.

Un modèle insoutenable et dépassé

Vous le savez, nous, les écologistes pensons que le modèle actuel est insoutenable et qu’on ne peut plus différer le moment où il faudra le changer.
Nous avons à faire face à une crise inédite, mêlant urgences environnementales et sociales. Le modèle sur lequel nous avons fondé notre prospérité est dépassé. Portons  le bon diagnostic car nous risquons de ne pas savoir seulement  un mauvais moment à passer.

Plus qu'une simple crise financière

La crise que nous traversons n'est malheureusement pas qu’une crise financière. C’est  aussi une crise écologique qui a pour origine  la rareté croissante des énergies fossiles, la rareté des  matières premières non renouvelables, la  concurrence accrue sur les surfaces agricoles pour des usages non alimentaires, les effets négatifs du changement climatique sur les productions agricoles.
C’est en même temps une crise économique et sociale caractérisée par un enracinement du chômage, un développement des précarités, une hausse sans précédent des inégalités, et une persistance de la pauvreté au sein même des sociétés d’abondance.
Beaucoup des problèmes que je viens de citer étaient brocardés il y a encore quelques mois. Ils semblent être reconnus par la majorité de cette assemblée maintenant. Tant mieux !

Vers une conversion écologique de l'économie

Mais si l’interrogation sur la durabilité du système est à peu près partagée, c’est sur les solutions et leur urgence que s’expriment les divergences.
L’enjeu des quatre années à venir est bien de traduire nos ambitions de changement de logiciel en actes significatifs et non en simple accompagnement du système basé sur des évolutions à la marge.
Ainsi gardons nous de faire comme le gouvernement qui pour baisser les dépenses publiques restreint  l'effort de conversion écologique de nos économies engagées avant la crise. C’est bien évidemment le contraire qu’il faut faire si l’on veut avoir  une chance de limiter l'impact futur de la hausse des prix des matières premières.
L’abandon de la taxe carbone ou le coup de rabot sur la fiscalité écologique ont apporté la preuve que le raisonnement dans le quel nous nous trouvons continue d’opposer économie et écologie alors que l’enjeu de notre siècle, celui que nous portons à Europe écologie  est évidemment de les rendre compatible.
Et puisque l’Etat n’a pas encore compris ceci, c’est aux Régions, à la Bourgogne, que revient la responsabilité d’engager de véritables politiques de conversion écologique des territoires. Il est d’ailleurs regrettable que l’ARF ne s’engage pas plus sur ce sujet si important.

Europe-Ecologie-Les Verts a choisi d’être actif pour écologiser les politiques publiques. Bien sûr, cela peut se traduire par des nuances, voire certains désaccords avec nos partenaires, mais sur l’essentiel, nous estimons féconde cette collaboration dans le respect de nos identités.

D’ores et déjà, les déclinaisons opérationnelles de nos accords sur ce budget montrent des évolutions importantes :

Sur les lycées
- un nouveau programme pluriannuel d’investissement permettant la programmation de 40 M€ de travaux en 2011  afin d’améliorer significativement l’efficacité énergétique des bâtiments
- Le lancement d’un label "Lycées eco responsable"

Sur l'économie 
- l’accent mis sur le développement des écofilières : l’éolien, les agro-matériaux
- La prise en compte des démarches de responsabilité sociale et environnementales des entreprises dans le niveau et la nature des aides qui seront attribuées.
- La poursuite de l’effort de promotion de l’ESS

Sur l'environnement

- Les efforts concernant le déploiement des énergies renouvelables, notamment les filières bois et biogaz
- l’appel à projet ‘’Zero Phyto’’

 Et puis il reste des éléments perfectibles , comme le plan ‘’Bâtiment de demain’’ par exemple a du mal à monter en puissance.
Mais aussi, il faut le dire, des politiques avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord.
Je pense bien entendu à nos interventions sur les routes ou notre investissement est multiplié par 5 en passant de 5 à 25 M euros ou à notre soutien à l’aviation multiplié par 2 et demi dans le budget 2011.

 A EELV nous avons bien conscience d’être parfois, souvent en décalage culturel avec un paysage politique encore trop imprégné des réflexes productivistes certes bien utiles au siècle dernier mais qui, c’est notre conviction profonde, ne seront pas les ressorts du 21ème siècle.
En tout cas c’est bien dans l’écoute respective et la capacité à entreprendre ensemble, au-delà des clivages, que se construit l’intelligence collective nécessaire au changement que nous avons à affronter.

Ce sera le sens de notre vote pour ce budget !